Agressions sexuelles
d’une extrême violence
au Soudan

Chaque année à la même date, le monde semble se coordonner pour lutter contre les inégalités de genre à l’occasion, non pas de « la journée de la femme », mais bien de la Journée internationale des droits des femmes. Une date symbolique à laquelle il est important de rappeler que leur liberté, leurs revendications et leurs droits continuent d’être bafoués partout dans le monde.

  • Soudan du Sud
  • Violence
Actualité 7 mar 2025

Le Soudan est devenu le théâtre d’une violence effroyable qui impacte des millions d’enfants, et plus particulièrement les filles. Si le pays est en proie à une aggravation de la famine, à une crise nutritionnelle sans précédent, à un effondrement économique, à la propagation de diverses maladies et à de multiples déplacements de la population, il recense également un nombre incalculable d’agressions sexuelles et sexistes commises par les forces armées dans le cadre du conflit. Parmi les victimes de viols, des enfants d’un an seulement.

Les données compilées par les prestataires de services pour les victimes de violences genrées au Soudan dressent un tableau accablant de la crise à laquelle les enfants sont actuellement confrontés : depuis le début de l’année 2024, 221 cas de viols d'enfants ont été enregistrés. À noter que ces chiffres ne sont pas représentatifs puisqu’ils sont sans doute beaucoup plus élevés dans la réalité. En effet, les survivant·es et leurs familles sont souvent réticentes ou tout simplement incapables de se manifester. En cause ? La difficulté d’accès aux services adéquats, la peur ou encore la stigmatisation. Sur les 221 enfants victimes de viol, 147 (soit 66 %) sont des filles et 16 sont âgé·es de moins de 5 ans, dont quatre d'un an seulement.

Sudan_violence_rapport

Sudan: A crisis of sexual violence against children (AN)

Année de publication : 2025

Téléchargez

Des millions d'enfants au Soudan risquent de subir des agressions sexuelles en tout genre, qui sont utilisées comme tactique de guerre. Il s'agit d'une violation odieuse du droit international qui pourrait constituer un crime de guerre. Il faut que ça cesse.

Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF

Des conséquences désastreuses

Cette violence et et la crainte qu'elle suscite poussent les femmes et les filles à fuir vers d'autres villes où elles se retrouvent souvent dans des sites de déplacement informels ou dans des communautés aux ressources limitées. Le risque de violence sexuelle y est également élevé, en particulier à l'encontre des enfants qui ont été déplacés à l'intérieur du pays. Les conséquences de telles agressions peuvent être démesurées et durables, provoquant notamment des traumatismes psychologiques importants, le rejet de la famille en raison de la stigmatisation sociale, des grossesses, des infections sexuellement transmissibles, des blessures graves et bien d'autres complications.
 

L'UNICEF et ses partenaires mettent en place des espaces sûrs, afin d’offrir aux survivant·es des services adaptés, renforcent les capacités des psychologues et des professionnel·les de santé et fournissent des services de proximité (notamment en santé mentale, en soutien psychosocial et en services d'orientation). Un travail est également entrepris au sein des communautés pour lutter contre les pratiques sociales néfastes. 

Vous souhaitez en apprendre davantage sur les crises humanitaires et leur lien étroit avec les droits de l'enfant ?

Écoutez le troisième épisode de notre podcast « Parlons-en ! »

Newsletter d'UNICEF Belgique

Rester au courant de nos activités ?