Mise à jour : 16 juillet 2026
Entre octobre et décembre 2025, les précipitations ont été nettement inférieures aux prévisions en Somalie, dans l’est du Kenya, dans le sud de l’Éthiopie et à Djibouti, avec moins de 60 % des niveaux habituels. Dans certaines zones, il s’agit déjà de la deuxième, voire de la troisième saison consécutive sans pluie. En raison de cette sécheresse persistante, plus de 20 millions de personnes en Somalie, au Kenya et en Éthiopie ont aujourd’hui un besoin urgent d’aide alimentaire.
L’eau devient de plus en plus rare : dans certaines régions, plus de 70 % des sources se sont asséchées. En Somalie, les prix de l’eau ont plus que doublé. La sécheresse provoque des récoltes catastrophiques, la mort du bétail et une baisse importante de la production alimentaire. Le pays a même atteint le niveau 4 de l’IPC*, indiquant une urgence alimentaire. La situation risque de s’aggraver encore en 2026.
*L'IPC (Classification des phases de la sécurité alimentaire) est un système qui permet d’évaluer la gravité de l’insécurité alimentaire ou d’une situation de famine dans une région. La phase 4 de l’IPC correspond à une urgence, dans laquelle de nombreuses familles font face à de graves pénuries alimentaires, souffrent de malnutrition aiguë et ont un besoin immédiat d’aide humanitaire.
Somalie : impact de la guerre au Moyen-Orient
En Somalie, près de 2 millions d’enfants risquent aujourd’hui de souffrir de malnutrition aiguë, dans un contexte marqué par la sécheresse, les conflits, les déplacements et de graves pénuries de financement.
Les répercussions de la guerre au Moyen-Orient aggravent encore la crise. Elles perturbent les chaînes d’approvisionnement mondiales et font ainsi grimper le prix des produits de première nécessité, dans un pays fortement dépendant des importations. Selon le nouveau rapport de l’UNICEF intitulé « L'impact de la guerre au Moyen-Orient sur les enfants issus de ménages en situation de précarité financière », le prix du carburant y a plus que doublé en l'espace de quelques jours seulement. Ce qui entraîne une hausse du coût de la nourriture, de l'eau potable, des médicaments et du carburant. En Éthiopie également, la situation complique l'acheminement de l'aide vers les communautés les plus isolées.
Parallèlement, plus de 400 structures de santé et de nutrition ont déjà fermé au cours de l’année écoulée, privant femmes enceintes et enfants de soins essentiels, de vaccinations et de traitements vitaux contre la malnutrition.