Propagation
du virus mpox 
en RDC

En République démocratique du Congo, des milliers d'enfants risquent de contracter la variante 1b, plus mortelle, de la mpox (variole du singe). Une menace supplémentaire pour les familles et les enfants déjà confrontés au conflit et aux déplacements.

  • RD Congo
  • Santé
Actualité 23 aoû 2024

Mise à jour : 17 avril 2025

La variole du singe, également connue sous le nom de virus mpox, est une infection virale transmise à l'origine de l'animal à l'homme qui peut entraîner de graves éruptions cutanées, de la fièvre et des complications telles que la pneumonie ou l'inflammation du cerveau.

Plus d’un million de personnes (dont 400.000 enfants) ont déjà fui l’est de la République démocratique du Congo depuis l’escalade du conflit. Cette nouvelle vague de déplacements vient s'ajouter aux plus de 5 millions de personnes de la région qui vivaient déjà dans des camps de déplacés, où la promiscuité et l'insalubrité favorisent la propagation de maladies.

La RDC reste l'épicentre de l'épidémie de la nouvelle souche de virus mpox. Il n'est donc pas surprenant que la réponse audit virus continue d'être fortement affectée par le conflit. La plupart des 143 patient·es atteint·es de la variole qui se trouvaient dans des unités d'isolement à Goma ont dû fuir pour se mettre à l'abri, ce qui rend presque impossible de leur fournir des soins et augmente le risque de propagation de la maladie, y compris au-delà des frontières de la RDC.

Les enfants, en particulier ceux qui souffrent de malnutrition ou d'autres maladies, sont les plus exposés au virus. Leur protection doit être une priorité absolue.

Gilles Fagninou, directeur régional de l'UNICEF pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale

Premiers vaccins

Le 5 octobre 2024, une campagne de vaccination visant à protéger les groupes les plus à risque face au mpox avait été lancée en RDC. L'initiative était soutenue par l'UNICEF, le ministère de la Santé, l'OMS, le CACM (Centre africain de Contrôle et de Prévention des Maladies) et Gavi (Alliance du Vaccin). Au total, 265.000 doses de vaccin avaient été acheminées sur le territoire. Afin de contrer l'épidémie, qui touche majoritairement les enfants, il est essentiel de prendre des mesures préventives supplémentaires au sein des écoles et des établissements de santé. Au total, l'UNICEF était alors parvenu à atteindre 14.180 personnes.

Compte tenu de la limite des ressources disponibles, les proches des patients peuvent s'occuper d'eux dans l'unité d'isolement. Malheureusement, les membres de la famille finissent souvent par être infectés et deviennent eux-mêmes des patients.

Dr. Christian Sibula, directeur des soins infirmiers de l'hôpital de Kavumu

L'hôpital de Kavumu avait enregistré son premier cas en juin 2024. Entre juin et juillet, l'hôpital avait recensé 175 malades, dont 114 personnes traitées, 56 en cours de traitement et 5 décès. Pour faire face à l'épidémie, l'hôpital avait dû transformer son centre de traitement du choléra, alors dépourvu de patients, en unité d'isolement pour le nouveau virus. Le centre n'avait cependant qu'une capacité de 17 lits.

Le 14 août 2024, l'OMS avait alors déclaré que la propagation du virus en RDC et dans les pays voisins constituait une urgence de santé publique internationale. Les enfants de moins de 5 ans ainsi que les femmes enceintes sont les plus à risque.
 

L'UNICEF joue un rôle crucial dans la lutte contre le virus mpox en RDC. Outre la gestion du transport et du stockage des vaccins, nous soutenons également le gouvernement local dans plusieurs domaines : communication sur les risques, engagement communautaire, prévention, traitement de la malnutrition ou encore importance relative à la santé mentale. Des équipements de protection, des tests, des kits médicaux, des tentes et des produits d'hygiène sont également prodigués.

En 2024, l'UNICEF a sensibilisé 43 millions de personnes aux dangers du mpox par l'intermédiaire des médias, de discussions personnelles et de canaux numériques, et ce dans 26 provinces. 60 tonnes de fournitures médicales et d'hygiène pour soutenir la santé publique ont également été livrées.

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