Mise à jour : 13 avril 2026
L’Afghanistan fait face à une crise complexe et en rapide évolution, marquée par des déplacements internes liés au conflit transfrontalier avec le Pakistan, par la poursuite de retours massifs depuis le Pakistan et par le risque imminent de retours à grande échelle depuis l’Iran pouvant atteindre jusqu’à 2 millions de personnes. Ces chocs s’ajoutent à l’une des plus graves crises humanitaires au monde. En 2026, 21,9 millions de personnes, dont 11,6 millions d’enfants, auront besoin d’une aide humanitaire.
Le conflit avec le Pakistan a entraîné victimes civiles, déplacements et destructions. Entre fin février et le mi-mars, 289 civil·es ont été tué·es ou blessé·es, dont une majorité de femmes et des enfants, et environ 115.000 personnes auraient été nouvellement déplacées. Les enfants, arraché·es à une fragile stabilité à peine retrouvée, se retrouvent exposé·es à des risques accrus de maladie, de malnutrition, de violence et d’exploitation.
Les droits et libertés des femmes et des filles continuent d’être sévèrement restreints, tandis que l’espace d’intervention humanitaire se réduit face à des obstacles croissants. C’est dans ce contexte alarmant que l’UNICEF réaffirme la nécessité d’agir, malgré les difficultés. Il est urgent de maintenir les opérations pour répondre aux besoins essentiels des populations.
L’Afghanistan connait également une aggravation de la crise climatique puisque les catastrophes naturelles deviennent plus fréquentes et plus violentes. Le pays figure pourtant parmi les moins responsables des émissions mondiales de CO2. De fortes pluies et des inondations dans plusieurs provinces aggravent actuellement les besoins humanitaires, avec des dizaines de victimes signalées et des dégâts aux habitations et aux infrastructures.
L’insécurité alimentaire continue de s’aggraver
Selon une nouvelle analyse de l’UNICEF, 3,7 millions d’enfants de moins de cinq ans sont aujourd’hui exposé·es à un risque accru de malnutrition. La situation se détériore dans 26 des 34 provinces du pays, avant même le pic saisonnier de l’émaciation habituellement observé entre juillet et septembre. Les enfants de moins de deux ans sont les plus touché·es, représentant 83 % des cas de malnutrition aiguë sévère et 77 % des cas de malnutrition aiguë modérée.
L’UNICEF alerte également sur des signes précoces de détresse alimentaire dans de nombreuses familles : réduction de la diversité des aliments consommés, repas sautés ou portions insuffisantes pour les enfants. Les enfants vivant dans les ménages les plus touchés par l’insécurité alimentaire présentent jusqu’à six fois plus de risques de souffrir d’émaciation, une forme aiguë de malnutrition potentiellement mortelle nécessitant une prise en charge rapide.
Face à l’augmentation des risques de malnutrition, l’UNICEF renforce également ses programmes de prévention nutritionnelle, notamment pour les enfants âgés de 6 à 23 mois et les femmes enceintes, ainsi que les services de dépistage et de prise en charge précoce de la malnutrition.